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Rentrée 2026 : ce qui change pour les professionnels de la formation

Qualiopi, CPF, apprentissage, reconversion, intelligence artificielle… La rentrée 2026 apporte plusieurs évolutions importantes pour les professionnels de la formation. Dans ce premier épisode du podcast Le Brief Formation, nous faisons le point sur ce qu’il faut réellement retenir et sur les conséquences concrètes pour votre activité.

Par Benoit Gambier

Épisode 1

14 min d’écoute

Épisode 1 du podcast Le Brief Formation — Rentrée 2026 : ce qui change

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La rentrée 2026 apporte son lot de changements pour les professionnels de la formation.

Un nouveau référentiel Qualiopi entrera en vigueur le 1er novembre. Les règles du CPF ont évolué. Le financement de l’apprentissage continue de se transformer. Un nouveau dispositif de reconversion est désormais opérationnel. Et l’AI Act est entré dans une nouvelle phase d’application cet été.

Dans ce premier épisode du podcast Le Brief Formation, nous revenons sur ces évolutions et surtout sur ce qu’elles impliquent concrètement pour les organismes de formation, CFA, formateurs et autres professionnels du développement des compétences.

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Transcription de l’épisode

Bonjour et bienvenue dans Le Brief Formation. Pour ce premier épisode, on va parler d’un sujet qui tombe plutôt bien en cette fin d’été : la rentrée 2026. Et cette année, il y a pas mal de choses à avoir en tête quand on travaille dans la formation professionnelle. Certaines évolutions sont déjà entrées en vigueur depuis quelques mois, d’autres vont produire leurs effets dans les prochaines semaines, et il y a aussi quelques sujets qu’il vaut mieux commencer à anticiper maintenant plutôt que de les découvrir au dernier moment. On va donc parler de Qualiopi, du CPF, de l’apprentissage, d’un nouveau dispositif de reconversion et, forcément, d’intelligence artificielle. L’idée n’est pas de vous réciter des textes réglementaires pendant dix minutes. Ce qui nous intéresse ici, c’est de comprendre ce qui change réellement et surtout ce que ça peut avoir comme conséquence dans votre activité. Commençons par Qualiopi. C’est probablement l’un des sujets les plus importants de cette rentrée pour les organismes de formation. Un nouveau référentiel national qualité a été publié cet été et il doit entrer en vigueur le 1er novembre 2026. Les grands principes de Qualiopi ne disparaissent pas. On reste sur les mêmes sept critères. En revanche, plusieurs exigences sont précisées et certaines pratiques vont devoir être regardées avec un peu plus d’attention. Un premier exemple concerne tout simplement l’information donnée au public. Aujourd’hui déjà, un organisme de formation doit communiquer un certain nombre d’informations sur ses prestations : les objectifs, les prérequis, les modalités, les délais d’accès, les tarifs, les méthodes d’évaluation ou encore les conditions d’accessibilité. Ce qui devient particulièrement important, c’est la capacité à présenter ces informations de manière claire, accessible et vérifiable, sans donner une image trompeuse de la formation. C’est un point qui paraît évident sur le papier, mais qui mérite vraiment un contrôle pratique. Prenez votre site internet, par exemple. Regardez vos pages de formation comme si vous étiez un futur stagiaire. Est-ce qu’on comprend vraiment ce que la formation permet d’obtenir ? Est-ce que les conditions de financement sont présentées correctement ? Est-ce que les débouchés annoncés sont justifiables ? Est-ce que les informations sont encore à jour ? Autre sujet important : la formation à distance. Lorsqu’une partie du parcours se déroule à distance, il devient essentiel de pouvoir démontrer que l’apprenant a réellement suivi la formation. Autrement dit, donner un accès à une plateforme ne suffit pas. Il faut pouvoir montrer qu’il y a bien eu une activité, un suivi, des interactions ou des évaluations permettant d’attester de la réalité du parcours. Si vous faites du distanciel, la bonne question à vous poser est donc assez simple : si un auditeur vous demande demain comment vous prouvez que l’apprenant a réellement suivi la formation, qu’est-ce que vous lui montrez ? Il y a également un sujet à surveiller de près autour de la sous-traitance. Quand un organisme fait intervenir un sous-traitant, il ne suffit pas de considérer que la responsabilité qualité lui appartient entièrement. L’organisme doit aussi s’assurer que les exigences du référentiel sont respectées et que cette responsabilité est correctement encadrée. Là encore, ce n’est pas forcément une révolution, mais cela veut dire qu’il peut être utile de relire vos contrats, vos procédures et surtout la manière dont vous contrôlez concrètement les prestations réalisées pour votre compte. Enfin, la logique d’amélioration continue est renforcée. Il ne s’agit plus uniquement de collecter des questionnaires de satisfaction ou d’archiver des réclamations. Il faut être capable de montrer que l’on analyse réellement ce qui se passe et que l’on identifie les risques qui peuvent affecter la qualité des formations. Alors, faut-il refaire tout votre système qualité avant novembre ? Probablement pas. En revanche, c’est clairement le bon moment pour faire une revue sérieuse de vos pratiques. Regardez ce que vous faites déjà, les preuves que vous conservez et les endroits où il existe encore un décalage entre la procédure écrite et la réalité du terrain. Parce qu’au fond, le principal risque avec Qualiopi n’est pas de manquer de documents. C’est d’avoir beaucoup de documents qui ne correspondent pas vraiment à ce que l’on fait. Deuxième sujet de cette rentrée : le Compte personnel de formation. Là, plusieurs évolutions sont déjà entrées en vigueur en 2026 et elles ont des conséquences assez concrètes, aussi bien pour les bénéficiaires que pour les organismes de formation. La première concerne la participation financière obligatoire. Depuis le mois d’avril, elle est fixée à 150 euros pour les personnes concernées. Concrètement, même lorsqu’une personne dispose de suffisamment de droits sur son CPF pour couvrir le prix de sa formation, elle peut avoir une partie à payer elle-même. Et ce point a une conséquence très simple pour les organismes : il faut être extrêmement prudent dans la manière dont on présente le financement. Si une page de votre site indique encore qu’une formation est « entièrement financée par le CPF » ou qu’elle est « sans reste à charge », il faut vérifier si cette formulation est toujours exacte. Parce qu’au-delà de la réglementation elle-même, il y a aussi une question de confiance. Un futur stagiaire qui découvre un reste à charge seulement au moment de s’inscrire risque forcément d’avoir le sentiment qu’on lui a mal présenté les choses. Autre évolution importante : certaines utilisations du CPF sont désormais davantage plafonnées. C’est notamment le cas de formations conduisant à des certifications ou habilitations inscrites au Répertoire spécifique, ainsi que des bilans de compétences. Pour un organisme qui commercialise ce type de prestations, ce n’est pas un détail. Cela peut modifier directement le montant mobilisable par le bénéficiaire et donc la manière dont une offre est construite, présentée et financée. Le réflexe à avoir à la rentrée, c’est donc de reprendre vos principales formations éligibles au CPF et de vérifier une à une leur situation. À quelle certification sont-elles rattachées ? Dans quel répertoire ? Quel financement peut réellement être mobilisé ? Et quel reste à charge faut-il expliquer au bénéficiaire ? Ça peut paraître très administratif, mais c’est aussi devenu une vraie question commerciale. Le CPF n’est plus un financement que l’on peut présenter de manière générique. Il faut désormais être beaucoup plus précis. Troisième sujet : l’apprentissage. Si vous travaillez dans un CFA ou si vous proposez des formations en apprentissage, vous savez déjà que les règles de financement évoluent régulièrement. Et cette rentrée ne fait pas exception. Du côté des employeurs, les aides à l’embauche d’apprentis existent toujours, mais leurs montants dépendent davantage de la taille de l’entreprise et du niveau de qualification préparé. Cela veut dire qu’il devient dangereux de parler simplement de « l’aide à l’apprentissage » comme s’il existait un montant unique valable pour tout le monde. Une entreprise qui recrute un apprenti doit désormais regarder précisément sa situation, le diplôme ou le titre préparé et les conditions applicables au contrat. Mais l’autre sujet important concerne directement les CFA : les niveaux de prise en charge, les fameux NPEC. France compétences a engagé une nouvelle révision afin de rapprocher davantage les financements des coûts observés. Et ce qu’il faut surtout retenir ici, c’est qu’un montant connu aujourd’hui n’est pas forcément un montant que l’on peut considérer comme acquis pour les prochaines promotions. Si vous préparez vos budgets de rentrée ou vos ouvertures de sessions, il est donc important de vérifier les niveaux de prise en charge réellement applicables à chaque certification. Il faut aussi garder en tête les mécanismes déjà introduits ces dernières années, notamment la minoration possible du financement pour certaines formations réalisées très largement à distance ou encore la participation demandée à l’employeur pour certains contrats préparant à des niveaux de qualification élevés. Bref, pour les CFA, le modèle devient de plus en plus fin. On ne peut plus vraiment raisonner uniquement en nombre d’apprentis multiplié par un montant moyen. Il faut regarder certification par certification et, parfois, contrat par contrat. Ce n’est certainement pas la partie la plus passionnante du métier, mais une erreur de financement répétée sur une promotion entière peut rapidement devenir beaucoup plus problématique qu’un mauvais planning pédagogique. Il y a aussi une nouveauté de 2026 dont on parle un peu moins, mais qui peut être intéressante pour de nombreux organismes : la période de reconversion. Le dispositif est opérationnel depuis le mois de février. L’idée est de permettre à un salarié de se former pour préparer une évolution professionnelle, qu’elle se fasse à l’intérieur de son entreprise ou vers une autre entreprise. On peut donc être dans une logique de mobilité interne, lorsqu’un salarié doit acquérir de nouvelles compétences pour changer de fonction, mais aussi dans une logique de reconversion externe. Pour les organismes de formation qui travaillent directement avec les entreprises, les services RH ou les OPCO, c’est un dispositif qui mérite clairement d’être intégré dans la veille. Pourquoi ? Parce que beaucoup d’entreprises sont aujourd’hui confrontées à des métiers qui se transforment rapidement. Certains postes évoluent avec l’automatisation, d’autres avec l’intelligence artificielle, certains métiers rencontrent des difficultés de recrutement alors que d’autres voient leurs besoins diminuer. Dans ce contexte, la formation ne sert plus uniquement à améliorer les compétences dans un poste existant. Elle sert aussi de plus en plus à organiser des transitions professionnelles. Et c’est précisément là que ce type de dispositif peut devenir intéressant. Si votre organisme travaille déjà sur des parcours de reconversion, de montée en compétences ou de certification avec des entreprises, cela vaut donc la peine de regarder plus précisément comment cette période de reconversion peut s’intégrer dans vos offres. Et puis, évidemment, impossible de parler de rentrée 2026 sans parler d’intelligence artificielle. Depuis le 2 août 2026, une nouvelle étape de l’application du règlement européen sur l’intelligence artificielle est entrée en vigueur. Pour les professionnels de la formation, le sujet mérite d’être suivi avec attention, mais aussi avec un peu de recul. Parce qu’on entend parfois deux discours complètement opposés. D’un côté, ceux qui donnent l’impression que quasiment toute utilisation de l’IA devient soudainement interdite ou extrêmement réglementée. Et de l’autre, ceux qui considèrent que ce règlement ne les concerne absolument pas. La réalité est évidemment plus nuancée. Les obligations dépendent notamment du type de système utilisé, du rôle de l’organisation et surtout de l’usage qui est fait de l’intelligence artificielle. Utiliser un outil pour reformuler un texte n’a pas les mêmes conséquences que l’utiliser pour évaluer automatiquement un apprenant ou contribuer à une décision importante sur son parcours. De la même manière, toutes les obligations prévues pour les systèmes considérés comme à haut risque ne s’appliquent pas immédiatement à tous les usages de la formation. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut attendre. La meilleure chose à faire aujourd’hui est probablement beaucoup plus simple : faire l’inventaire de ses usages. Quels outils d’intelligence artificielle sont réellement utilisés dans votre organisme ? Est-ce uniquement pour créer des supports de formation ? Est-ce que les formateurs les utilisent ? Les équipes administratives ? Les apprenants ? Est-ce que vous leur transmettez des données personnelles ? Est-ce qu’un outil intervient dans une évaluation ? Est-ce qu’une décision peut être prise à partir d’un résultat produit par une IA ? Et surtout : qui vérifie le résultat ? Ce genre de questions peut sembler basique, mais beaucoup d’organisations n’ont encore aucune vision globale de leurs usages. Un formateur utilise ChatGPT de son côté, un autre teste un outil de création vidéo, un service utilise un assistant intégré à un logiciel, et au bout de quelques mois personne ne sait vraiment quelles données circulent ni quels outils sont utilisés. Avant de rédiger une charte de vingt pages sur l’intelligence artificielle, commencer par cette cartographie est probablement beaucoup plus utile. Et puis il y a un deuxième enjeu, qui n’est pas seulement réglementaire : la pédagogie. À quel moment accepte-t-on qu’un apprenant utilise une IA ? À quel moment cela pose-t-il un problème ? Comment évaluer une compétence si l’apprenant peut produire une réponse complète avec un assistant génératif ? Comment apprendre à utiliser ces outils sans supprimer l’effort intellectuel qui permet justement d’acquérir la compétence ? Ce sont des questions auxquelles aucun texte réglementaire ne répondra complètement. Et elles vont probablement occuper une place de plus en plus importante dans les prochains mois. Alors, si vous deviez retenir seulement quelques choses de cet épisode, je dirais ceci. D’abord, ne laissez pas Qualiopi au mois d’octobre. Le 1er novembre arrivera vite et il est beaucoup plus simple de vérifier tranquillement ses pratiques maintenant que de tout reprendre quelques jours avant une échéance. Ensuite, revérifiez vos financements. Que ce soit pour le CPF ou pour l’apprentissage, les règles ont suffisamment bougé pour qu’un ancien argumentaire commercial ou un vieux tableau de calcul puisse aujourd’hui être faux. Et enfin, commencez à mettre un peu d’ordre dans vos usages de l’intelligence artificielle. Pas forcément avec une énorme procédure, mais au moins en sachant quels outils sont utilisés, pour quoi faire et avec quelles données. Ce sont trois choses assez simples à lancer dès cette rentrée. Et surtout, inutile d’essayer de tout traiter en même temps. Dans les prochains épisodes du Brief Formation, on reviendra plus précisément sur plusieurs de ces sujets. Le nouveau référentiel Qualiopi mérite notamment un épisode à lui seul, avec un décryptage beaucoup plus concret des changements et de ce qu’il faudra regarder avant votre prochain audit. Vous retrouverez également les sources et les ressources associées à cet épisode dans sa description, ainsi que nos articles et nos décryptages sur lebriefformation.fr. Si vous souhaitez suivre les prochains épisodes, pensez à vous abonner au podcast. Merci d’avoir passé ces quelques minutes avec nous. C’était Le Brief Formation. Comprendre ce qui change, agir concrètement. À très bientôt.

Pour vérifier et approfondir

Sources

Les références utilisées pour documenter ce contenu et retrouver les publications d’origine.

  1. Source primaire

    Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national qualité

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  2. La participation financière obligatoire pour mobiliser les droits CPF

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  3. Décret n° 2026-127 du 24 février 2026 relatif aux conditions d'éligibilité au compte personnel de formation

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  4. Publication du décret de renouvellement de l’aide aux employeurs d’apprentis

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  5. Recommandations sur les niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage

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  6. La période de reconversion

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  7. Commission starts enforcing AI Act rules and new transparency requirements on 2 August

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À poursuivre

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